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Technologie médicale : nous transformera-t-elle en humains en super santé ?

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N° 2 : Puis-je pirater votre cœur ?

 

Assistée par l'IdO (bien évidemment) et améliorée par l'IA, la technologie médicale actuelle peut tous nous intéresser : personnes convalescentes après une maladie ou gérant une maladie chronique, personnes âgées cherchant à vivre plus longtemps en toute autonomie, communauté des membres différents recherchant des prothèses véritablement autonomisantes, ou encore personnes en parfaite santé souhaitant le rester.

Le marché le plus lucratif pour les innovateurs actuels pourrait fort bien être celui de la bonne santé de façade : selon Allied Market Research, environ 60 milliards de dollars de traqueurs d’activité physique pourraient, d'ici 2024, enregistrer chacun de nos mouvements, tandis que nous marchons, courrons et nous baladons pour atteindre les objectifs en termes de calories et de cardio qui nous ont été suggérés.

En meilleure forme

Les montres intelligentes des grandes marques de produits mobiles grand public et les bracelets des fournisseurs spécialisés en équipements de remise en forme feront les plus grosses ventes. Tous ont déjà entrevu l'opportunité de passer de la vente "d’équipement" à la vente de services soutenant de nouveaux modèles commerciaux basés sur des revenus réguliers. Fitbit dispose déjà d'une unité B2B, Fitbit Health Solutions, fournissant des services aux entreprises. En outre, la société a lancé en août 2018 la plate-forme Fitbit Care pour connecter ses appareils portables à des régimes de santé privés et d'entreprise. Grâce à toutes ces informations transmises en continu sur ses serveurs via des traqueurs dans le monde entier (utilisées, cela va sans dire, en conformité avec les règles régissant la protection des données), l'entreprise dispose des connaissances nécessaires pour développer un portefeuille de services à valeur ajoutée, tels que l'entraînement personnalisé, et des astuces lifestyle, comme proposer des exercices ou donner des conseils en diététique.

Les personnes portant ces traqueurs ont désormais accès à des informations les concernant beaucoup plus détaillées qu'auparavant. Elles peuvent comparer leurs données avec celles d’autres personnes selon leur tranche d’âge et leur type d’activité. Elles ont même la possibilité d'avoir accès à des données de référence ultime, telles que la capacité d'absorption d'oxygène (VO2 max) d'athlètes professionnels. Nous vivons à l'ère du "quantified Self" (mesure de soi) pouvant potentiellement améliorer notre forme physique et notre état de santé (pour profiter d'une vie plus longue et plus active) en nous encourageant à nous intéresser à évaluer nos progrès et à nous en inspirer.

En meilleure santé

Tandis que les personnes portant des traqueurs utilisent la technologie pour se sentir en meilleure forme, d’autres en sont dépendantes pour améliorer leur santé ou pour trouver une assistance les aidant à gérer leurs maladies chroniques, telles que le diabète, une pathologie extrêmement répandue : selon Diabetes UK, environ cinq millions de personnes pourraient être diabétiques d'ici 2025. Aux États-Unis, 40 % des adultes souffrent de diabète ou de prédiabète (soit plus de 100 millions de personnes).

Le contrôle de la glycémie est essentiel dans la gestion de la maladie. Auparavant, les patients devaient réaliser leurs tests eux-mêmes en se piquant pour vérifier leurs taux avec un appareil d'analyse à domicile. Récemment, les progrès réalisés par la technologie médicale ont permis de soulager cette procédure douloureuse : des tests simples à domicile fournissent des résultats précis sans prendre de sang. Les tout derniers glucomètres portables, tels que Dia-Vit, utilisent la technologie de spectrométrie. Elle analyse la lumière selon différentes longueurs d'onde pour mesurer les paramètres sanguins qui sont intégrés dans un algorithme permettant de calculer le taux de glucose.

La prochaine étape pourrait être le contrôle continu de la glycémie grâce à un dispositif comme le patch sugarBEAT® pouvant aider les utilisateurs à maintenir leur taux de glycémie à un niveau normal et à constater par eux-mêmes les effets produits par leur mode de vie sur cette dernière. Le patch fonctionne en capturant une petite quantité de liquide sous-cutané dont il analyse la teneur en glucose. Il contient un émetteur rechargeable envoyant toutes les cinq minutes à une application de smartphone ou de montre intelligente des données à lire par le patient.

Analyse de la glycémie dans le patch de contrôle sugarBEAT.

Si la facilité d'utilisation et le contrôle non invasif et indolore représentent deux des plus grands avantages offerts par la technologie médicale actuelle, d'autres évolutions promettent d'aider les dispositifs existants, tels que les stimulateurs cardiaques ou autres implants, à devenir plus intelligents et plus utiles. Les dispositifs implantés dans le corps peuvent capturer des informations difficiles à déterminer à partir d'observations externes, telles que le rythme cardiaque, la numération de la formule sanguine ou même l'évolution de la maladie. Le défi consiste à extraire les informations de l'appareil. La technologie sans fil est la voie à suivre, mais les contraintes en termes de puissance et de taille d'antenne limitent généralement la portée de communication et la durée de vie de la batterie.

Une nouvelle radio injectable mise au point par des chercheurs de l'Université du Michigan pourrait prochainement permettre de dépasser ces limites en combinant un astucieux système d'adaptation de l'antenne, un émetteur pourvu d'une alimentation assistée par condensateur et un chargeur de batterie photovoltaïque captant l'énergie à partir de la lumière infrarouge ambiante traversant le corps. Avec une antenne de seulement 1 mm, cet appareil peut transmettre des signaux jusqu'à 50 cm, ce qui est suffisant pour envoyer des datagrammes courts à un récepteur externe.

Plus forts ?

Grâce aux avancées réalisées en matière d'équipements portables et implantables, tout un chacun peut obtenir de meilleures informations sur sa santé et sa forme physique, et sur les conséquences que notre mode de vie engendre. De plus, les professionnels de la santé peuvent recueillir les données dont ils ont besoin pour adapter les programmes de soins individuels en vue d'une récupération plus rapide ou d'une gestion plus stable des maladies de longue durée. Toutefois, la technologie médicale pourrait-elle aider à atteindre des niveaux surhumains de force, de vitesse, ou d'endurance ? Les lecteurs ayant un peu de bouteille se souvenant de Steve Austin, l'Homme qui valait trois milliards ("Nous avons la technologie. Nous pouvons le reconstruire."), pourraient être enthousiasmés par les perspectives qui se dessinent actuellement dans le domaine de la bionique réelle, c'est-à-dire la fusion de la biologie et de l'électronique.

Pour savoir où nous en sommes, étudions rapidement l'histoire des prothèses. Palier la perte d'un membre a représenté un défi constant dans l'histoire de la civilisation. Les premières prothèses fonctionnelles, que l’on différencie clairement des prothèses purement esthétiques, seraient des orteils artificiels découverts dans des corps remontant à l'Égypte ancienne. Les conflits les plus importants, tels que la guerre civile américaine et la Première Guerre mondiale, ont servi de puissants moteurs en matière de remplacement des membres. Ces prothèses étaient non seulement réalistes du point de vue esthétique, mais offraient également des fonctionnalités similaires ou meilleures à celles de l'original biologique "standard". L'objectif principal était d'aider les personnes amputées à retourner travailler en temps de paix.

Les prothèses actuelles entrent dans l’ère bionique en exploitant des technologies, telles que le contrôle myoélectrique, permettant de réaliser des mouvements de membres naturels en interprétant les faibles signaux électriques émis par les muscles. D'autres technologies de pointe comprennent la numérisation et l’impression 3D, qui permettent de produire économiquement en très petites quantités des pièces spéciales, ce qui offre ainsi la possibilité à de petites équipes de spécialistes, à l'instar de Open Bionics, de créer des produits comme le Hero Arm, et, selon leurs dires, de transformer les handicaps en super pouvoirs. La société a même offert gratuitement la housse sur le thème des super-héros avec les bras artificiels qu'elle fournit pour les enfants.

Source de l'image : https://openbionics.com/hero-arm/

S'appuyer sur ces avancées technologiques pour créer des "humains augmentés" avec des capacités renforcées, telles que la force, l'agilité ou l'endurance, n'est peut-être qu'une chimère. Par ailleurs, la possibilité de créer des prothèses contrôlées par la pensée donne l'espoir qu'une nouvelle génération de membres artificiels fonctionnant quasi-normalement voie le jour. La Food and Drug Administration (FDA) a déjà décelé ce potentiel et publié un document "très avant-gardiste" exposant les premières réflexions sur la conduite à tenir pour en soutenir le développement.

Résumé

Selon la Amputee Coalition, les maladies vasculaires, diabète compris, sont la cause la plus fréquente de perte de membres. En outre, les taux de mortalité à cinq ans des personnes amputées souffrant de maladies vasculaires sont supérieurs à ceux des personnes souffrant d'un cancer du sein ou du côlon.

Compte-tenu de l'augmentation actuelle des cas de diabète, l'apparition de dispositifs médicaux technologiques permettant de gérer de telles maladies et, idéalement, de contribuer à leur prévention en favorisant des modes de vie plus sains grâce au suivi et aux services associés, pourrait jouer très favorablement en faveur de la longévité et de la qualité de vie. Nous ne deviendrons probablement jamais des surhommes, mais pouvoir vivre quasi-normalement plus longtemps peut être suffisant pour la plupart d'entre nous.

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19 Sep 2019, 9:14

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